L’histoire de Dyson : De la rupture à la « success story »
L’histoire de Dyson : De la rupture à la « success story »

James Dyson et ses toutes premières innovations

Né en 1947, James Dyson étudie à Londres, à la Byam Shaw School of Drawing and Painting et au Royal College of Art. Tout en se formant au design produit au RCA, il reçoit plusieurs commandes d’architecture intérieure, et remporte déjà plusieurs récompenses.

Au cours de ses dernières années d’études au RCA, James travaille avec l’inventeur Jeremy Fry à Bath, à la construction de prototypes d’un bateau. A l’obtention de son diplôme, il continue de travailler avec Jeremy pour sa société Rotork, au développement et à la commercialisation du Sea Truck, un bateau rapide à fond plat capable d’atteindre les 40 nœuds tout en transportant de lourdes charges. Quelques années plus tard, poussé par la frustration commune à tout britannique amoureux de sa pelouse, il crée un nouveau produit qui sera récompensé : la Ballbarrow – une brouette tout terrain, qui passe là où les autres ne sont jamais allées tout en préservant le gazon… Suivront ensuite d’autres inventions comme le Wheelboat et Trolleyball basés sur le même système à balle que la Ballbarrow…

 « J’aurais certainement pu inventer mieux moi-même ! » Cette pensée nous traverse l’esprit lorsqu’un objet de la vie quotidienne nous déçoit, mais combien d’entre nous passent à l’acte ? Avec l’aide de son équipe de recherche, James Dyson l’a fait et développe encore aujourd’hui des produits dont les ventes mondiales annuelles dépassaient les 1,2 milliard d’euros en 2012.

L’idée

En 1978, James Dyson est frustré que son aspirateur, dès les premières minutes, baisse en aspiration. Il le démonte et constate que les pores du sac se bouchent dès que l’aspirateur se met en marche… et donc n’aspire plus. Parallèlement à cela, il remarque que le filtre à air de l’atelier de peinture de la Ballbarrow se trouve constamment bouché par des particules de poudre (tout comme la poussière bloque les sacs d’aspirateurs). Il décide alors de concevoir et de réaliser une tour à cyclone industrielle, à force centrifuge dépassant de 100 000 fois celle de la pesanteur avec cette question : ce principe peut-il s’appliquer à un aspirateur, appareil qui n’a jamais connu d’amélioration révolutionnaire depuis son invention en 1901 ? James Dyson se met au travail. Il substitue au sac classique les cyclones que la poussière ne peut plus bloquer et dans lesquels elle tourne à grande vitesse. Mais le temps de mise au point de sa technologie est long et coûteux. Comme Edison, James Dyson opte pour la méthode itérative, qui exige de ne pratiquer qu’une seule modification à la fois, et être ainsi certain de la performance de la moindre innovation que l’on apporte au produit. Très endetté, le foyer subsiste grâce aux cours de dessin de Deirdre, l’épouse de James. Puis, 5 ans plus tard, après 5127 prototypes et beaucoup de détermination, la technologie Dyson est enfin au point.

La recherche longue et difficile d’une licence

James Dyson fait alors le tour des multinationales et des entreprises d’électroménager basées en Europe pour vendre son invention sous contrat de licence. Mais elles lui disent tous la même chose : « votre projet n’a aucune chance, en plus, on gagne beaucoup d’argent avec les sacs… » James, déçu par la mentalité du « ça ne va pas être possible », décide alors plein d’espoir d’approcher le marché américain. Il savait qu’en Angleterre, les entreprises refusaient l’innovation. Alors pourquoi les américains, plus compétitifs et ambitieux que les anglais, refuseraient-ils le produit ?

Mais James y entend la même sérénade : « s’il y avait un meilleur aspirateur, Hoover ou Electrolux l’aurait déjà inventé… ». Pourtant, les entreprises américaines se montrent intéressées… au départ. Elles reçoivent James, mais toujours en meute, le responsable du projet entouré du DAF, du directeur juridique, des ingénieurs présents pour montrer les failles du produit et pouvoir ainsi négocier à la baisse le contrat de licence. Mais James Dyson fait face, seul, certain des performances et du potentiel commercial de son produit. Son expérience américaine se solde par de nombreuses promesses d’accords, qui finissent malheureusement toutes par s’évanouir les unes après les autres…

Alors que James est sur le point de tout laisser tomber, Apex, une entreprise japonaise qui a vu le Cyclone dans un annuaire du design américain, le contacte…

Les pionniers… le premier succès au Japon

C’est donc au Japon, berceau des technologies de pointe, que James Dyson vend son premier aspirateur sans sac après s’être battu pendant plus de 3 ans contre des moulins à vent. Baptisé « G Force », cet aspirateur remporte en 1991 le premier prix du Salon International du Design au Japon. Pour les Japonais, fort impressionnés par ses performances et son style, le « G Force » à 2000 dollars pièce devient un symbole de réussite et de technologie important.  Dès la 3e année de production et de commercialisation au Japon, c’est le succès commercial. Grâce aux royalties, James Dyson pourra enfin produire seul le Dual Cyclone, avec lequel il souhaite conquérir le marché américain et britannique…

La guerre des brevets…

Eclate alors le scandale d’une société américaine qui avait quelques années plus tôt acheté, puis revendu la licence à James Dyson pour des raisons douteuses. En fait, elle la lui avait revendu en prétextant que le produit n’était pas bon et ne fonctionnerait jamais ; mais en réalité, elle avait copié les plans dans l’optique de produire elle-même le cyclone, sans payer de contreparties à son inventeur… Combien d’inventeurs, tels James Dyson, se sont fait spolier de leurs inventions par des multinationales peu scrupuleuses, et les exemples sont légions ! James a fini par remporter (et remporte toujours !) ses procès contre les sociétés qui imitent ou copient ses produits. Et il a aujourd’hui les moyens de lutter pour protéger ses brevets. Mais comment les petits inventeurs font-ils pour défendre leurs inventions ?

… Et le bras de fer avec les banques

James Dyson, croyant plus que jamais au succès de son produit, décide alors de produire et de commercialiser lui-même ses innovations. Mais après avoir investi des millions de livres sur les brevets, la mise au point de son invention, après avoir lutté pendant des années pendant lesquelles James ne recevait aucune rémunération pour que ses innovations soient produites, et malgré le succès commercial que connaît le cyclone au Japon et aux Etats-Unis, aucune banque ne lui prête de quoi soutenir son entreprise de production. Les investisseurs anglais continuent de voir les designers comme des fous, en décalage avec la réalité, incapables de gérer une entreprise… Finalement, James Dyson prendra la décision d’hypothéquer ses biens : Dyson créée enfin sa propre société ; il peut enfin produire le Dual Cyclone et conquérir le Royaume-Uni.

A la conquête de l’Europe

En juin 1993, il inaugure son propre complexe de recherche et de fabrication à Chippenham, non loin de chez lui, dans le sud-est de l’Angleterre, développe et améliore un appareil capable d’aspirer des particules encore plus fines que la poussière (jusqu’aux particules microscopiques inférieures à 0,01 micron, à l’origine de certaines allergies). Résultat : le DCO1 est le premier né d’une gamme complète d’aspirateurs qui maintiennent tous 100% d’aspiration, 100% du temps. Répondant parfaitement à toutes les exigences de performance, le DCO1 devient rapidement l’aspirateur le plus vendu au Royaume-Uni.

La lutte encore et toujours…

Voyant le succès des aspirateurs Dyson en Angleterre d’un très mauvais œil, les multinationales européennes se regroupent rapidement pour faire taire James Dyson, qui explique aux consommateurs pourquoi leur aspirateur se bouche et laisse de plus en plus de saletés dans leur maison. En 1995, le Vice-président de Hoover en Europe, Mike Rutter, déclare à la télévision nationale anglaise : « je regrette réellement que Hoover, en tant qu’entreprise, n’ait pas acquis cette technologie auprès de Dyson. On l’aurait mise au placard et elle n’aurait jamais été utilisée. » James Dyson se bat aujourd’hui encore (et gagne !) contre les concurrents agressifs pour préserver ses innovations souvent copiées.

Et maintenant ? La recherche au cœur de DYSON

Rechercher, développer de nouveaux produits et de nouvelles technologies qui fonctionnent mieux, voici la raison d’être de Dyson. En 2014, 113 millions d’euros ont été investis en RDD (Recherche en Design et Développement), ce qui fait de Dyson l’entreprise britannique la plus innovante. De même, plus de 2 500 scientifiques et ingénieurs travaillent au développement des nouvelles technologies Dyson, soit plus d’un tiers des effectifs de l’entreprise. Dyson produit d’ailleurs ses propres moteurs et a investi 50 millions de livres dans une nouvelle usine à Singapour.

En mai 2014, Dyson a annoncé un investissement de près de 300 millions d’euros pour permettre l’extension de ses laboratoires de recherche et développement dans le Wiltshire. La première étape de ce plan consiste en l’ouverture, d’ici 2016, d’un nouveau centre de RDD. Dans les 25 prochaines années, Dyson compte ainsi créer près 3 000 nouveaux postes de scientifiques et d’ingénieurs en Grande-Bretagne. Une extension à la hauteur de nos ambitions.

Dyson détient plus de 3000 brevets et applications de brevets concernant plus de 500 inventions, et dépose un brevet par jour. James Dyson a renoncé au poste de CEO et continue aujourd’hui à travailler au milieu des ingénieurs dans le but de développer de nouvelles technologies et trouver des solutions aux problèmes du quotidien.

Innover, innover, toujours innover…

De la technologie révolutionnaire Dual Cyclone mise au point en 1993, au Dyson 360 Eye™ introduisant le premier aspirateur robot de la marque, les innovations ponctuent l’histoire de Dyson :

  • L’ergonomie télescopique, qui facilite le rangement dans la maison ;
  • Le Contrarotator en 2001, le seul lave-linge à deux tambours lavant plus de linge, plus propre et plus rapidement ;
  • Le moteur digital DDM (Dyson Digital Motor) en 2003, plus petit, plus puissant et plus fiable ; il est cinq fois plus rapide qu’un moteur de Formule 1 ;
  • Le DC15 The Ball en 2005, un aspiro-brosseur radicalement innovant monté sur une balle lui conférant une très grande maniabilité.
  • Le DC16 en 2006, l’aspirateur à main le plus puissant doté des batteries lithium-ion se rechargeant trois fois plus vite qu’un aspirateur à main classique.
  • Le Dyson Airblade en 2006, un sèche-mains électrique et hygiénique, qui essuie les mains grâce à un rideau d’air filtré et pulsé à très grande vitesse, pour sécher les mains en 10 secondes sans les dessécher…
  • Les aspirateurs compacts DC22 et DC24 en 2008, et le DC26 City en 2009 sans compromis sur la performance.
  • L’Air Multiplier, ou le ventilateur réinventé par Dyson en 2010, sans pale ni flux d’air discontinu, avec un air amplifié par 15. Quelques années plus tard, en 2014, l’ensemble de la gamme a été retravaillé afin de permettre au ventilateur Dyson Cool d’être jusqu’à 75% plus silencieux.
  • Le DC35 Digital Slim en janvier 2011, le premier aspirateur balai qui ne perd pas d’aspiration et le plus puissant des aspirateurs sans fil.
  • Le DC37 en septembre 2011, le premier aspirateur monté sur une boule pour une meilleure manœuvrabilité, et doté d’une brosse intelligente qui change automatiquement de position en fonction des sols durs ou moquettes.
  • Le robinet Dyson Airblade Tap, présenté en février 2013, pour la première fois lave et sèche les mains en un seul endroit.
  • Le Dyson Hot +Cool™ a lui été lancé en mai 2013. Véritable 2 en 1, cet appareil fonctionne aussi efficacement en fonction chauffage qu’en position ventilation.
  • Le DC52 Dyson Cinetic™, sorti en septembre 2013, est le premier aspirateur sans sac et sans filtre avant-moteur : toutes les poussières auront été traitées avant. Aucun entretien de filtre n’est donc nécessaire.
  • Le Dyson V6, nouvelle version d’aspirateur sans fil fonctionnant grâce au moteur numérique Dyson V6. Il permet d’avoir le plus puissant des aspirateurs sans fil dans un format maniable et polyvalent.
  • En septembre 2015, Dyson lance le Dyson Humidifier, premier humidificateur de la marque doté des technologies Air Multiplier™ et Ultraviolet Cleanse™ pour aider à maintenir un niveau d’humidité adéquate et hygiénique tout au long de l’année.
  • Dernière technologie en date, le Dyson 360 Eye, premier aspirateur robot cyclonique fonctionnant via une application mobile et disposant d’une vision 360° grâce à sa caméra intégrée.

Un succès qui se confirme partout dans le monde

Aujourd’hui, le succès de Dyson se confirme. Vendu dans 75 pays, Dyson est n°1 au Japon, Etats-Unis, en Australie, et en Europe Continentale (dont n°1 en Grande-Bretagne, en Irlande, en France, en Allemagne, en Belgique et en Suisse). Depuis 1993, Dyson a vendu plus 50 millions d’aspirateurs dans le monde.

Les produits Dyson sont, ou ont été exposés dans les musées suivants :

  • Museum für angewandte Kunst, Cologne, Allemagne
  • Neue Sammlung Pinakothek der Moderne, Munich, Allemagne
  • Science Works Museum (House Secrets Exhibition), Melbourne, Australie
  • Powerhouse Museum, Sydney, Australie
  • Museum für Angewandte Kunst (MAK), Vienne, Autriche
  • Technisches Museum, Vienne, Autriche
  • Centre Georges Pompidou, Paris, France
  • Cité des Sciences et de l’Industrie, Paris, France
  • Science Museum, Londres, UK
  • Victoria and Albert Museum, Londres, UK
  • Design Museum, Londres, UK
  • Chicago Athenaeum, USA
  • Metropolitan Museum of Art, New York, USA
  • Design Center, Philadelphia University, USA
  • San Francisco Museum of Modern Art, USA
  • Museum of Modern Art (MOMA), New York, USA
  • Etc.

La Fondation James Dyson 

Eveiller au design, transmettre sa passion de la technologie et encourager les politiques à soutenir l’innovation.

James Dyson a toujours eu à cœur de partager et de transmettre sa passion pour le design et l’objet. Constatant comme tant d’autres une désaffection  croissante pour les carrières de l’industrie et une méconnaissance de la fabrication des objets, Dyson s’attache à promouvoir le design auprès des étudiants, des scolaires, et même des plus petits. Il encourage également les politiques de tous bords à soutenir l’innovation et la création.

  • Pédagogie : La Fondation James Dyson soutient l’enseignement et la promotion du design et de l’ingénierie auprès des jeunes, notamment au travers de projets éducatifs comme la mallette pédagogique et l’intervention des ingénieurs de Dyson dans les écoles. En France, pour sensibiliser les enfants de 5 à 12 ans au design, Dyson organise pendant les vacances scolaires des ateliers pour enfants.
  • Concours de design James Dyson Award : pour soutenir et encourager les jeunes talents, designers ou ingénieurs. Aujourd’hui, 18 pays dont la France participent au concours international de design James Dyson Award. Ce programme pédagogique est une vitrine pour les jeunes talents, leur permettant de faire connaître leur travail avant même d’être diplômés.
  • Ingenious Britain: Après Gordon Brown, c’est David Cameron qui a consulté James Dyson et l’a chargé de rédiger un rapport en mars 2010, Ingenious Britain, pour relancer l’économie britannique. Ses préconisations reposent essentiellement sur l’encouragement des jeunes à poursuivre des carrières d’ingénieurs, le soutien par des mesures fiscales adaptées à la création de jeunes pousses technologiques et à l’innovation et à la production de technologies exportables créatrices de valeur. A la demande de David Cameron, il anime aujourd’hui une cellule de réflexion pour redynamiser et pérenniser l’économie britannique.

James Dyson, anobli par la Reine

James Dyson a été anobli et nommé Chevalier par la Reine Elisabeth en février 2007. Il a ainsi été distingué par la couronne pour sa contribution au rayonnement économique de la Grande-Bretagne.

James Dyson et l’investissement dans les universités

En 2009, James Dyson fait un don de 5 millions de livres sterling pour financer l’incubateur du Royal College of Art. En 2010, Sir James est nommé doyen du Royal College of Art et succède ainsi à Sir Terence Conran. En 2012, il inaugure le nouveau bâtiment Dyson, sur le campus de Battersea du Royal College of Art.

En 2014, la Fondation James Dyson a fait don de 9,5 millions d’euros à l’université de Cambridge. Ce don permettra à l’université de jouir, d’un pôle technologique de pointe, disposant de laboratoires de recherche très avancés.